Hakone est l’échappée classique depuis Tokyo : la station de montagne, les sources chaudes, la vue sur le Fuji de l’autre côté du lac. C’est l’une des destinations les plus fréquentées du Japon. C’est aussi l’une des plus mal comprises. L’écart entre un Hakone bien organisé et un Hakone mal organisé n’est pas une affaire de goût. C’est l’écart entre une excursion d’une journée passée à courir dans la foule et l’une des plus belles nuits que le pays sache offrir.
Cet article porte sur la seconde version : le bon ryokan, le bon art, la bonne façon d’aborder la vue sur le Fuji, et pourquoi la nuit sur place change tout.
POURQUOI HAKONE
Hakone se trouve dans la caldeira d’un ancien volcan, à 90 minutes au sud-ouest de Tokyo par le Romancecar, le train rapide privé d’Odakyu au départ de Shinjuku, qui est en soi l’un des trajets ferroviaires les plus agréables du Japon. La voiture panoramique en tête de rame, les places réservées, le paysage qui passe de la ville à la banlieue, puis à la forêt et à la montagne : le voyage vaut d’être fait pour lui-même. Autre approche possible : le Shinkansen jusqu’à Odawara (35 minutes), puis le train de montagne Hakone Tozan, plus lent, plus intime, qui creuse la forêt et grimpe par des rebroussements qu’aucune ligne moderne n’oserait tracer.
Ce que la région offre est précis et remarquable : 17 zones thermales distinctes alimentées par l’activité volcanique qui se poursuit à Owakudani, une concentration d’institutions artistiques sérieuses qui étonnerait déjà dans une grande ville, plusieurs des meilleurs ryokan du Japon réunis sur un petit territoire, et, les jours clairs, qui ne sont pas garantis, l’une des vues du mont Fuji les plus photographiées au monde.
« L’écart entre une journée à Hakone et une nuit sur place n’est pas une question de degré. Le ryokan ne se révèle entièrement qu’après le dîner, après l’onsen de nuit, après l’air de la montagne, et dans le silence particulier d’un matin à Hakone. »
L’ART : DEUX INSTITUTIONS AUTOUR DESQUELLES ORGANISER SON SÉJOUR
Hakone rassemble une densité d’art qui surprendrait en toutes circonstances, a fortiori dans une station de montagne. Deux institutions dominent les autres et chacune mérite une matinée entière.
Le musée en plein air de Hakone occupe une vallée, ses sculptures réparties sur plusieurs hectares de coteaux et de prairies. La collection permanente comprend des œuvres majeures de Rodin, de Picasso (une salle de céramiques et de dessins), d’Henry Moore et de Niki de Saint Phalle. Ce qui rend ce musée singulier, c’est le cadre : on marche d’une œuvre à l’autre dans une lumière changeante et l’air de la montagne, certaines pièces étant placées de manière à dialoguer avec le paysage qui les porte. Il y a aussi une galerie intérieure et un pavillon musical en forme de Stravinsky. Comptez trois heures au minimum. C’est l’une des plus belles expériences d’art en extérieur d’Asie.
Le musée Pola de l’impressionnisme, installé dans la forêt au-dessus de Sengokuhara, abrite l’une des plus importantes collections d’art occidental du Japon : Monet (dont des Nymphéas majeurs), Renoir, Cézanne, Picasso et Matisse, entre autres. Le bâtiment, signé de l’architecte Kazuhiko Namba, s’intègre au paysage forestier sans le dominer. Le café du musée, qui donne sur la cime des arbres, justifie la visite indépendamment des œuvres. Comptez deux à trois heures.
Mieux vaut visiter les deux musées lors de matinées séparées plutôt que de les réunir dans la même journée. Le musée en plein air demande une énergie de marche qu’une visite de musée préalable a déjà entamée. Si vous combinez avec une nuit en onsen, l’enchaînement pratique est le suivant : arrivée à Hakone le premier jour en début d’après-midi, installation au ryokan, dîner kaiseki, onsen au réveil ; deuxième jour, matinée au musée en plein air ; troisième jour, si vous restez deux nuits, musée Pola. Pour une seule nuit, choisissez un musée et faites-le correctement.
LA CEINTURE D’ONSEN : 17 ZONES, TROIS ADRESSES QUI COMPTENT
Hakone compte 17 zones thermales officielles, toutes alimentées par le système volcanique centré sur Owakudani. La qualité de l’eau varie sensiblement d’un endroit à l’autre. Les sources les plus riches en minéraux se concentrent à Gora et à Kowakidani, dans le haut de la vallée. C’est pour cette raison que les ryokan de premier rang y sont regroupés.
Trois adresses représentent le haut de ce que Hakone propose, et chacune a un caractère distinct. Comptez ¥60,000–¥200,000 par personne et par nuit, dîner kaiseki et petit-déjeuner compris. C’est la structure tarifaire habituelle des ryokan sérieux de Hakone, et les repas comptent pour une part importante de la valeur.
Ancienne villa impériale, Gora Kadan est l’adresse la plus célèbre de Hakone. Les suites avec jardin disposent d’un rotenburo privé, un bain thermal en plein air, installé dans des espaces de jardin arrivés à maturité. Le kaiseki y est parmi les meilleurs de la région du Kanto, entièrement composé autour de la saison et approvisionné principalement dans les environs de Hakone. Les bains communs principaux sont accessibles à toute heure ; les hôtes des suites avec jardin disposent d’un onsen privé sans restriction d’horaire. Tarifs à partir d’environ ¥80,000 par personne et par nuit.
D’une esthétique plus contemporaine que Gora Kadan, Hakone Ginyu occupe un versant boisé au-dessus de Miyagino, avec vue sur les arbres plutôt que sur la vallée. Toutes les suites disposent d’un onsen privé en plein air. Le dîner kaiseki penche vers le moderne sans abandonner la discipline saisonnière qui définit la forme. Pour les hôtes qui veulent l’expérience complète du ryokan, onsen privé, cadre forestier, cuisine remarquable, mais préfèrent une atmosphère moins protocolaire, Ginyu est le bon choix. Tarifs à partir d’environ ¥70,000 par personne et par nuit.
Construit en 1878, le Fujiya Hotel est l’un des premiers hôtels de villégiature de style occidental du Japon et un bien culturel matériel enregistré. Il a accueilli Charlie Chaplin, John Lennon et quatre générations des mêmes familles qui y reviennent chaque année. La restauration récemment achevée a rendu au bâtiment son élégance d’origine : les plafonds peints, les boiseries sculptées, l’aile initiale du Flowers Palace. C’est un hôtel de style occidental, non un ryokan : pas de kaiseki, pas d’onsen au sens traditionnel, mais un témoignage unique de la rencontre du Japon avec la modernité, et un bâtiment réellement beau. Tarifs à partir de ¥40,000–¥80,000 par chambre et par nuit.
LA VUE SUR LE FUJI : À QUOI S’ATTENDRE
Le mont Fuji est visible depuis Hakone, mais pas de façon fiable. Depuis ce point de vue, la montagne est entièrement dégagée environ 60–70 jours par an, bien moins que ne l’imaginent la plupart des voyageurs. Les meilleures chances se situent en hiver, de novembre à février, quand l’air sec et la faible humidité donnent les vues les plus nettes. L’été est la pire période : l’humidité, la brume et la saison des pluies se liguent pour garder la montagne invisible des semaines durant.
Le meilleur poste d’observation de Hakone est le lac Ashi (Ashinoko), le lac de caldeira au sud de la zone. L’image classique, le cône du Fuji reflété dans le lac et encadré par un torii rouge, se prend depuis la rive à Moto-Hakone. L’aube, avant que les nuages ne se forment, offre la meilleure visibilité. Le téléphérique qui part d’Owakudani descend jusqu’à la rive à Togendai et donne, les jours clairs, des vues aériennes sur l’ensemble du lac.
Le conseil pratique : construisez votre programme de sorte que la vue sur le Fuji soit un supplément bienvenu et non l’objectif central. Si la montagne apparaît, c’est extraordinaire. Si elle n’apparaît pas, Hakone a largement de quoi occuper le séjour. Réserver spécifiquement pour une vue sur le Fuji et organiser toute la visite autour est la manière la plus sûre d’être déçu.
« Le mont Fuji visible depuis Hakone : préparez votre voyage comme si cela n’allait pas arriver, et réjouissez-vous si cela arrive. La montagne suit son propre calendrier. »
OWAKUDANI, LA VALLÉE VOLCANIQUE
Owakudani est la zone volcanique active au centre de la région de Hakone : un paysage de fumerolles sulfureuses, de roche grise et de vapeur qui s’échappe en permanence, sans équivalent alentour. Les œufs noirs cuits dans l’eau sulfureuse (kuro-tamago) sont une spécialité locale et une curiosité légitime : le sulfure d’hydrogène présent dans l’eau noircit la coquille, l’œuf à l’intérieur reste tout à fait normal. La légende selon laquelle chacun prolonge la vie de sept ans n’est pas à prendre au sérieux.
Le téléphérique passe juste au-dessus d’Owakudani et constitue l’un des trajets les plus spectaculaires du Japon : des cabines qui traversent un paysage volcanique fumant, l’odeur de soufre qui monte au passage. À noter : le téléphérique ferme périodiquement en cas d’activité volcanique accrue, et cela n’est pas prévisible. Consultez le site du Hakone Ropeway avant d’organiser quoi que ce soit autour. Quand il fonctionne, le parcours complet de Sounzan à Togendai, puis la descente vers le lac Ashi, mérite d’être fait d’un bout à l’autre.
VOITURE PRIVÉE OU ROMANCECAR, ET POURQUOI LA NUIT SUR PLACE COMPTE
Le Romancecar est emblématique et vaut d’être pris pour l’expérience ferroviaire elle-même. La voiture panoramique (disponible sur les rames des séries VSE et GSE) offre des places face à la route, en tête de train, derrière une baie entièrement vitrée. Demandez expressément cette voiture au moment de réserver. Le trajet de Shinjuku à Hakone-Yumoto prend 85 minutes sans aucun changement. C’est l’un des voyages en train les plus agréables du Japon et une expérience complète en soi.
Une voiture privée depuis Tokyo (STAYGO l’organise en Alphard ou en Lexus LM avec chauffeur professionnel) demande 90–120 minutes selon la circulation, mais offre une souplesse totale : arrêts aux points de vue de la Fuji Subaru Line ou de l’Izu Skyline, dépose de porte à porte au ryokan, bagages chargés directement, départ à votre heure. Pour les hôtes qui arrivent avec des bagages, pour les familles, ou pour qui souhaite faire des arrêts qu’aucune ligne de train ne permet, la voiture privée est la meilleure option. Les deux ont de vrais mérites ; ce ne sont pas des expériences équivalentes.
Sur la question de l’excursion à la journée face à la nuit sur place : l’excursion est possible et permet de voir le musée en plein air et une vue du lac. Elle passe entièrement à côté de ce qu’est Hakone. L’expérience du ryokan, c’est-à-dire précisément ce que Hakone fait mieux que tout ce qui entoure Tokyo, ne se révèle entièrement que sur une soirée et une matinée : le dîner kaiseki comme événement à part entière, étalé sur plusieurs heures ; l’onsen commun ou privé la nuit, quand le bain extérieur est vide et que l’air est froid ; la matinée plus calme, avant l’arrivée des visiteurs à la journée ; le petit-déjeuner dressé avec le même soin que le dîner. Une nuit est le minimum. Deux nuits, avec une journée pleine entre les deux pour les musées et le lac, constituent le bon séjour.
HAKONE ORGANISÉ COMME IL FAUT
STAYGO choisit le ryokan qui convient à votre groupe, organise le transfert en voiture privée depuis Tokyo, réserve le Romancecar et construit l’enchaînement complet de Hakone, l’art, l’onsen, le Fuji, autour de vos dates et de vos préférences.
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