Le Japon est une destination extraordinairement indulgente pour une première visite. Les Japonais sont habitués aux petites erreurs des visiteurs étrangers et ne disent presque jamais rien. Mais il y a une différence entre être toléré et être réellement accueilli, et dans les maisons où séjournent les clients de STAYGO, le personnel lit la salle avec une précision que la plupart des hôtes ne soupçonnent pas. La personne qui vous conduit à votre chambre s’est déjà fait une idée avant que vous n’atteigniez le couloir. Cette idée vient presque entièrement des trente premières secondes.

Les usages japonais ne sont pas une liste d’interdits. C’est une orientation vers les autres, une conscience de l’espace que l’on occupe. Les coutumes qui suivent ne pèsent rien une fois comprises, et la plupart deviennent naturelles en une journée. Ce qui change, c’est l’attention plutôt que l’effort, et c’est l’attention qui transforme un bon service en quelque chose de plus proche de l’hospitalité.


LES CHAUSSURES : OÙ, QUAND, COMMENT

La règle de fond est simple : quand le niveau du sol s’élève, généralement d’une marche à l’entrée, les chaussures d’extérieur se retirent. Cela vaut pour l’entrée d’un ryokan (le genkan), beaucoup de restaurants traditionnels, certaines salles d’exposition de musée et les vestiaires d’onsen. Le signal visuel est presque toujours un sol surélevé et la présence de chaussons.

Dans un ryokan, vous passerez des chaussons à l’entrée et les garderez dans les parties communes. Retirez-les avant d’entrer dans votre chambre en tatami. On ne marche jamais sur le tatami en chaussons. Dans la salle d’eau, une autre paire est prévue, réservée aux toilettes. On l’enfile en entrant et on la quitte à l’instant où l’on sort. C’est le détail que la plupart des hôtes manquent : revenir dans le couloir avec les chaussons de toilettes équivaut à traverser le salon de quelqu’un avec de la boue. L’erreur est courante. Elle n’a pas à être la vôtre.

« La marche surélevée à l’entrée d’un ryokan n’est pas un élément de décor. C’est un seuil, entre le monde extérieur et l’espace dans lequel on vous a invité. »


L’ONSEN : LES RÈGLES QUI COMPTENT

Le bain commun obéit à un ensemble de règles très clair. Les comprendre avant la première fois supprime toute hésitation et laisse l’expérience être ce qu’elle est : profondément réparatrice, entièrement naturelle, et l’un des plaisirs qui définissent un séjour en ryokan.

On se lave avant d’entrer. Les postes de douche disposés sur le pourtour existent pour cela. Asseyez-vous sur le tabouret, utilisez la douchette et le savon fournis, et lavez soigneusement votre corps et vos cheveux avant d’approcher du bassin. L’eau commune doit rester propre. Ce n’est pas une suggestion.

La serviette ne va pas dans l’eau. La petite serviette fournie par le ryokan peut être emportée, mais elle n’entre pas dans le bain. Pliez-la sur le rebord ou posez-la sur votre tête, pratique courante pour la garder à portée de main. N’immergez pas votre tête. Ne parlez pas fort. L’onsen est un lieu de silence. Si vous êtes seul, ce silence est à vous. Si d’autres sont là, alignez-vous sur leur registre.

Note importante
TATOUAGES ET BAINS COMMUNS

La plupart des onsen communs au Japon, y compris dans de nombreux ryokans haut de gamme, n’acceptent pas les tatouages visibles. Cette règle a des racines historiques (l’association avec le crime organisé) qui n’ont aucun rapport avec les visiteurs étrangers, mais elle s’applique quand même. STAYGO informe tous ses clients avant leur arrivée et sélectionne des ryokans dotés d’un rotenburo privatif en chambre, afin que la question du bain commun ne se pose tout simplement pas. Les clients tatoués sont invités à le signaler à l’avance pour que l’hébergement soit confirmé en conséquence.


LE RYTHME DU RYOKAN ET CELUI DU REPAS

Un séjour en ryokan a son propre tempo, et le comprendre évite une forme courante de petit frottement. L’arrivée se fait généralement entre 15h et 17h, pas plus tard. Le dîner kaiseki est servi à heure fixe (le plus souvent 18h ou 18h30) et dure deux heures à deux heures et demie. N’essayez pas de l’accélérer. Les plats arrivent à des intervalles qui laissent place à la conversation et au temps que le précédent se pose. On ne demande pas le plat suivant en avance.

Après le dîner, le futon aura été installé par votre nakai pendant que vous étiez à table. Le matin, le petit-déjeuner est servi à une heure tout aussi fixe. Le personnel travaille sur ces rythmes, et c’est pourquoi une arrivée tardive ou un changement de programme demande un mot à l’avance plutôt qu’une improvisation. L’horaire est la forme même du séjour.

Votre nakai est la personne à qui l’on demande tout. Elle (c’est presque toujours une femme) parle les rythmes de la maison comme une langue maternelle. Si vous avez besoin de quelque chose ou souhaitez exprimer une préférence, adressez-vous à elle directement plutôt qu’à la réception. Construire cette entente discrète est l’un des plaisirs du ryokan que manquent systématiquement ceux qui le traitent comme un hôtel.


LE POURBOIRE : JAMAIS D’ARGENT, TOUJOURS DE LA GRATITUDE

Le pourboire ne se pratique pas au Japon. Ce n’est pas une simple préférence culturelle. Glisser de l’argent à un membre du personnel d’un ryokan ou d’un grand restaurant peut provoquer une gêne réelle. La fierté professionnelle inscrite dans le service japonais repose sur l’idée d’un soin excellent comme métier, et non comme transaction. Un pourboire laisse entendre qu’un paiement supplémentaire était nécessaire pour obtenir ce soin. Le sous-entendu n’est pas bienvenu.

La bonne façon de remercier est simple : un merci sincère, arigatou gozaimashita, adressé à la nakai à la fin de votre séjour, une inclinaison correcte et, si le service a été particulièrement beau, un mot manuscrit laissé au départ. Si vous rencontrez un contact local (une relation d’affaires, un guide, un artisan qui vous a donné de son temps), un petit cadeau choisi avec soin, appelé omiyage, est le geste approprié. Nous l’expliquons plus bas.

La réponse la plus appréciée par un ryokan qui s’est bien occupé de vous est de revenir. La deuxième est un remerciement sincère. Un pourboire en espèces n’est ni l’un ni l’autre.


LE CADEAU ET L’OMIYAGE

Si vous rencontrez un contact d’affaires japonais, un intermédiaire ou un guide local qui a organisé des accès ou des introductions pour vous, un cadeau est approprié. C’est la pratique de l’omiyage : apporter quelque chose de sa région comme marque d’attention. Le cadeau n’a pas besoin d’être coûteux ; il doit être choisi avec un peu de soin, et emballé. Une spécialité alimentaire de votre ville, un objet d’une maison connue ou un bon whisky conviennent tous.

Présentez-le des deux mains, avec une légère inclinaison. N’en faites pas une scène. Le destinataire ne l’ouvrira généralement pas devant vous. Ce n’est pas de l’impolitesse mais de la discrétion. Si c’est vous qui recevez un cadeau au Japon, la même règle vaut : acceptez des deux mains, remerciez, et ouvrez plus tard, sauf si l’on vous invite explicitement à le faire sur le moment.


COMMENT S’ADRESSER AU PERSONNEL D’UN RYOKAN

Il n’est pas nécessaire de parler japonais pour séjourner dans un ryokan. Le personnel des maisons qui reçoivent des voyageurs étrangers est habitué à communiquer par le geste, par quelques mots d’anglais et par bonne volonté réciproque. Ce qui compte plus que la langue, c’est le registre : calme, sans hâte, avec un regard et une petite inclinaison quand on remercie.

Évitez de parler fort dans les couloirs et les espaces communs. L’architecture d’un ryokan est faite pour que le son porte, ce qui participe de son intimité et explique aussi qu’un volume élevé dans un couloir se remarque. Si vous devez transmettre quelque chose à votre nakai, la bonne pratique est d’ouvrir la porte de votre chambre et d’attendre. N’appelez pas à travers le couloir. Dans une bonne maison, le personnel est toujours plus près que vous ne le croyez.


PROTOCOLE DES TEMPLES ET DES SANCTUAIRES

Les sanctuaires shinto et les temples bouddhistes suivent des protocoles différents, une distinction qui vaut d’être connue puisque le Japon a les deux en abondance et qu’on les visite souvent dans la même promenade.

Dans un sanctuaire shinto : franchissez le torii et marchez sur l’un des côtés de l’allée centrale (le centre est considéré comme le passage de la divinité). Au temizuya, le bassin d’eau à l’approche, versez de l’eau sur chaque main pour vous purifier avant de gagner le pavillon principal. Devant celui-ci : déposez une petite offrande dans la caisse, inclinez-vous deux fois profondément, frappez deux fois dans vos mains, inclinez-vous encore une fois, puis priez ou recueillez-vous en silence. La photographie est généralement admise dans les abords ; le sanctuaire intérieur est souvent interdit. Suivez les panneaux.

Dans un temple bouddhiste : on ne frappe pas dans ses mains. Inclinez-vous respectueusement devant l’image principale. Si de l’encens est proposé, allumez un bâton, éteignez la flamme d’un geste de la main (ne soufflez pas dessus : souffler est considéré comme irrespectueux) et plantez-le dans l’urne de sable. Ramenez la fumée vers vous, elle est réputée purifiante. Parlez doucement. Beaucoup de temples ont des zones où la photographie est interdite ; un moine ou un gardien vous le signalera si vous approchez d’un espace protégé.


L’HABITUDE QUI TRAHIT LES VISITEURS OCCIDENTAUX

De tous les petits points d’étiquette qui distinguent un visiteur attentif d’un touriste, celui qui compte le plus, et qu’on néglige le plus régulièrement, est de manger en marchant. Au Japon, on mange à l’arrêt : à un comptoir, à une table, ou debout devant un stand, les deux pieds posés. Traverser une rue commerçante ou un marché en mangeant est perçu comme un comportement de peu de tenue, et largement jugé inconsidéré dans les espaces encombrés.

Le même principe vaut dans les transports en commun. Dans les trains locaux et les bus, on ne mange pas. (Le Shinkansen fait exception : le bento fait partie du voyage longue distance et se mange avec soin.) Si vous avez acheté quelque chose à un stand ou au marché, trouvez un coin où vous tenir ou un banc où vous asseoir. Cette seule habitude, plus que toute autre, dit si un visiteur a fait l’effort de comprendre la culture qu’il traverse.

Service STAYGO
BRIEFING CULTUREL AVANT L’ARRIVÉE

Chaque client STAYGO reçoit avant le départ un briefing culturel écrit, un document qui couvre les usages pratiques, les coutumes du ryokan, les règles de l’onsen, la conduite à table et les remarques propres à chaque adresse de l’itinéraire. Pour les clients Signature et Bespoke, STAYGO organise en plus un appel avant le départ pour répondre aux questions et lever les inquiétudes particulières. Ce briefing n’est pas une liste d’interdits. C’est un guide des comportements qui signalent le respect, et de ceux qui, faute de ce signal, disent autre chose que ce que l’hôte avait en tête. Quand un guide est la bonne façon de faire ce pont, et quand il ne l’est pas.

Situation
À faire
À éviter
Entrée du ryokan
Quitter ses chaussures à la marche ; prendre les chaussons
Passer le genkan en chaussures d’extérieur
Chambre en tatami
Retirer les chaussons au seuil du tatami
Porter quelque chose aux pieds sur le tatami
Bain d’onsen
Se laver soigneusement avant d’entrer ; rester silencieux
La serviette dans l’eau ; les conversations fortes
Remercier le personnel
Arigatou gozaimashita + inclinaison + mot écrit
Un pourboire en espèces, à quelque moment que ce soit
Sanctuaire shinto
Deux inclinaisons, deux claquements, une inclinaison ; se rincer les mains
Marcher au centre de l’allée ; sauter la purification
Manger en public
Rester debout devant le stand ou trouver un banc
Manger en marchant dans les rues ou les marchés

ARRIVER PRÉPARÉ : LE BRIEFING STAYGO

Chaque client STAYGO reçoit un briefing culturel écrit pour les ryokans et l’itinéraire précis de son voyage, afin d’arriver en sachant ce que ses hôtes aimeraient qu’il sache.

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