Quatorze jours, c'est la durée à partir de laquelle le Japon cesse d'être une succession d'incontournables. C'est assez long pour inclure une région que les premiers voyages sautent, et assez long pour que le rythme, plutôt que la liste, devienne ce dont on se souvient. C'est aussi assez long pour se tromper d'une manière précise : quatre villes, neuf arrivées à l'hôtel, et une quinzaine passée surtout en transit.
Voici une structure qui fonctionne, avec le raisonnement attaché. Prenez la logique plutôt que la liste. Le bon itinéraire dépend de la saison, du fait qu'il s'agisse d'un premier voyage, et du plaisir réel que vous prenez à vous déplacer.
La forme : quatre bases, pas sept
Tokyo cinq nuits. Hakone ou une autre ville thermale, deux nuits. Kyoto cinq nuits. Kanazawa ou la mer intérieure de Seto, deux nuits. Quatre bases sur quatorze nuits, c'est-à-dire onze matins où vous ne refaites pas les valises.
L'instinct pousse à ajouter Osaka, Hiroshima, Nara et Takayama, parce que chacune mérite le détour. Le coût n'est pas le billet de train : une journée de transfert consomme environ une demi-journée à chaque bout. Quatre déplacements coûtent deux jours, sept en coûtent quatre, et ces quatre jours perdus sont ceux que vous auriez passés quelque part que vous aimiez.
Nara, Osaka et Himeji se font toutes en excursion depuis Kyoto. Les traiter comme des excursions plutôt que comme des étapes est le changement qui améliore le plus un itinéraire de deux semaines.
Pourquoi Tokyo en premier
Le décalage horaire. Une ville qui récompense les journées peu engageantes est le bon endroit où être fatigué. Les meilleures matinées de Kyoto commencent tôt, et se lever tôt est précisément ce qu'on ne peut pas faire dans les quarante-huit premières heures depuis l'Amérique du Nord ou l'Europe.
Jour par jour, avec le raisonnement
Jours 1 à 5, Tokyo
Arrivez, et ne prévoyez rien pour le premier soir au-delà d'un dîner à distance de marche. Le deuxième jour appartient à un quartier parcouru lentement plutôt qu'à trois parcourus vite. Quelque part ici, une matinée tôt : un marché avant la foule, ou un temple à l'ouverture. Gardez un après-midi entièrement vide ; à Tokyo, l'après-midi non planifié est généralement celui que les gens racontent ensuite.
Deux dîners à réserver, pas cinq. Les comptoirs de Tokyo sont petits et intenses, et trois de suite émoussent le plaisir des trois. Le fonctionnement réel des réservations à Tokyo explique pourquoi les bonnes adresses ne se réservent pas simplement en ligne.
Jours 6 et 7, le ryokan
Placez le ryokan au milieu du voyage, pas à la fin. Il fonctionne comme une charnière : vous arrivez fatigué d'une ville, vous prenez deux repas cuisinés pour la maison, vous vous baignez deux fois, et vous repartez capable de commencer Kyoto correctement. Le garder pour la fin, en récompense, revient à le gaspiller sur des gens déjà mentalement en train de faire leurs valises.
Deux nuits, pas une. Le premier après-midi est celui de l'arrivée et du bain ; le deuxième jour est celui où le rythme change vraiment. Quelle catégorie de ryokan, et pourquoi un bain extérieur privé compte davantage que la taille de la chambre : comment choisir un ryokan.
Jours 8 à 12, Kyoto
Cinq nuits, dont deux sans rien de prévu après le déjeuner. Kyoto punit la densité plus que toute autre ville du Japon : ses meilleures heures sont tôt le matin et l'heure avant la fermeture, et le milieu de journée dans les sites célèbres est une file d'attente.
C'est ici qu'un guide justifie le mieux ses honoraires, sur un ou deux jours plutôt que cinq. Utilisez les excursions : Nara pour les temples plus anciens, Osaka pour une soirée à table, Uji pour le thé si la saison s'y prête.
Jours 13 et 14, la quatrième base
Kanazawa si vous voulez l'artisanat, une ville de château et l'un des trois grands jardins du Japon sans la foule de Kyoto. La mer intérieure de Seto si vous voulez l'architecture contemporaine et l'art sur des îles. L'une comme l'autre donne au voyage un second caractère, et toutes deux valent mieux qu'un quatrième jour à Kyoto à ce stade.
Repartez d'Osaka plutôt que de revenir à Tokyo : cela économise la dernière demi-journée.
« Quatorze jours ne veut pas dire plus de lieux. Cela veut dire les mêmes lieux, avec assez d'espace autour pour remarquer quelque chose. »
La logistique qui fait tenir l'ensemble
L'expédition des bagages. Envoyez les grandes valises de ville en ville et voyagez avec un sac pour une nuit. Cela coûte très peu, arrive le lendemain, et supprime la partie la plus fatigante des déplacements au Japon. Cela rend aussi l'étape du ryokan possible sans traîner de valises sur une route de montagne.
La question du pass ferroviaire. Sur cet itinéraire, un pass national n'en vaut généralement pas la peine : les places réservées achetées à l'unité coûtent le plus souvent moins cher. Le calcul change si vous ajoutez Hiroshima ou Kyushu ; mieux vaut faire l'addition que de supposer (comment on se déplace vraiment au Japon).
La saison. Cette structure donne le meilleur fin mai, début juin et dans la seconde moitié de novembre. Pendant les cerisiers et les semaines d'érables, le même plan demande huit à douze mois d'avance et un autre jeu de maisons ; la Golden Week est un exercice entièrement différent (les semaines à éviter).
Ce pour quoi cet itinéraire ne convient pas
Il ne convient pas à un deuxième voyage, où la bonne réponse est généralement deux bases et une région jamais vue. Il ne convient pas à qui exige le mont Fuji visible depuis la chambre : c'est une loterie météo à planifier à part. Et il couvre trop de terrain pour une famille avec de jeunes enfants, où trois bases et davantage de journées vides fonctionnent mieux (voyager en famille au Japon).
Si sept jours est votre contrainte réelle, les arbitrages sont différents et méritent lecture avant de comprimer ce plan : le Japon en 7 jours ou en 14.
Vos quatorze jours, pas ceux-ci
Envoyez-nous vos dates et votre façon de voyager. Nous reviendrons avec une structure construite pour cela, raisonnement compris, avant tout travail.
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